25 ans dans l'art


DANSER

Créé en 1996 par Didier Michel, le festival Uzès Danse est l’un des premiers de toute la série d’événements qui fleurissent tout l’été en France. Pour célébrer ses 20 ans, treize compagnies nationales et internationales présentent des temps forts étalés sur deux week-ends du 12 au 20 juin

Si Maguy Marin n’avait pas motivé Didier Michel alors tout jeune homme qui travaillait à cette époque en tant qu’attaché de presse à l’Opéra de Lyon, le festival d’Uzès Danse n’aurait jamais vu le jour. « Lorsque Maguy a quitté l’Opéra de Lyon où elle était chorégraphe associée avec Yorgos Loukos, je l’ai suivi à Paris où je n’étais pas très heureux. Et là, elle m’a dit : monte quelque chose pour les jeunes chorégraphes et je t’aiderai. C’est ainsi grâce à son soutien que j’ai bâti le Festival d’Uzès avec une énergie et une combativité débordantes pour convaincre des politiques », raconte Didier Michel.

"A bras le corps" © Pierre FabrisAvec tout juste trente mille francs de subvention pour lancer ce premier événement le 12 juin 1996, il élabore une programmation composée de May Be de Maguy Marin et douze spectacles dont un dans un champ au milieu des oliviers A bras le corps  de Boris Charmatz avec Dimitri Chamblas (à voir le 20 juin) avec la présence d’un violon qui jouait les Caprices de Paganini. «  Et là j’ai compris où était ma place, compris aussi qu’il fallait décentrer la danse dans des lieux informels, c’est-à-dire utiliser le magnifique patrimoine du duché ainsi que sa nature environnante et surtout proposer un judicieux mariage entre fête et création ».

Ensuite, Didier est parti en voyageant souvent en stop et logeant chez l’habitant afin de découvrir en Europe et bien plus loin les jeunes chorégraphes devenus aujourd’hui la coqueluche des plus grandes scènes mondiales : Boris Charmatz, Akram Khan, Russell Maliphant, Peeping Tom, Pierre Droulers, Thierry  Niang, Michèle Noiret, Olga de Soto, Emanuel Gat, et des dizaines d’autres. « Il fallait offrir au public ce que je pensais être le meilleur chez nous et à l’étranger ».

Cette joie de vivre, cette gourmandise d’aller toujours plus haut et plus loin, lui ont permis de prendre des risques pour finalement gagner la confiance des politiques et ainsi obtenir plus de financement, la confiance des chorégraphes pour qui ce festival était un formidable tremplin et surtout obtenir la présence des programmateurs qui venaient nombreux découvrir de jeunes artistes inconnus.